Ces projets voient le jour lorsque la lave n’est pas considérée comme une simple surface à recouvrir, mais comme un langage capable de générer du sens. Chaque collaboration implique une responsabilité partagée : accepter la nature du matériau, travailler dans le respect de ses limites et transformer son instabilité en potentiel expressif. Il n’existe pas de modèle reproductible pour ce type de travail. Chaque projet nécessite un développement technique, du temps, de l’écoute et une volonté sincère de s’engager avec ce qui ne peut être entièrement contrôlé. « Projets culturels » ne se contente pas de documenter des œuvres achevées. Il révèle une manière de fonctionner où la matière, l’imagination et la connaissance convergent. Ranieri participe à ces projets lorsque la lave devient une composante active du processus conceptuel — non pas un support, mais une présence.
Certains projets invitent non seulement à construire, mais aussi à réfléchir
Paysage de reflets
Organisé par BY Galeria de Arquitectura, le projet trouve son origine dans la résidence de TANAT, alias Diego R. Borrell, à Naples et Pompéi en juillet 2025, et marque le début d’une collaboration créative plus large.
Erosion
La collaboration avec Davide Quayola explore la frontière entre la matière primordiale et l’abstraction numérique. La lave — née du feu et façonnée par le temps géologique — est réinterprétée à travers des processus algorithmiques, déconstruite et recomposée en de nouvelles formes expressives.
Quayola utilise des technologies de pointe pour réimaginer l’iconographie classique et les systèmes naturels, les traduisant en motifs numériques et en volumes sculpturaux. Ranieri transpose cette exploration dans le domaine physique, transformant les données en surfaces tactiles où le geste de l’artiste se confond avec la spontanéité de la matière.
Cette expérience redéfinit la manière dont la pierre de lave peut être travaillée, ouvrant de nouvelles frontières où l’artisanat, l’innovation et l’art contemporain se rejoignent.
숨결의 지구 (Breathing Earth Sphere)
Sur l’île de Docho, en Corée du Sud, Ranieri s’est associé à Olafur Eliasson pour créer « Breathing Earth Sphere » (숨결의 지구), une installation immersive qui explore la relation entre l’art, la perception et le monde naturel.
S'inscrivant dans le cadre du Shinhan Art Island Project, l'installation transforme la pierre de lave en une surface vivante et vibrante, dont l'apparence change en fonction de la lumière et du point de vue du spectateur. 1 200 carreaux uniques, déclinés en 24 variations chromatiques, tapissent l'intérieur de l'espace sphérique, formant un spectre continu qui s'harmonise avec le terrain et la végétation environnants.
Le défi : recouvrir une sphère parfaite avec une précision millimétrique tout en amplifiant la beauté texturale de la lave et en l’intégrant de manière transparente au paysage. Le résultat est une expérience immersive, où la pierre volcanique de Ranieri devient un support de contemplation de l’espace et du temps.
« Il n’y a pas d’angles dans 숨결의 지구, pas d’horizon ni de limite. C’est une expérience de pure présence. » — Olafur Eliasson
Le son de la lave
construits autour de basses fréquences et de vibrations profondes, se répandent dans l’espace de l’installation « Under the Volcano » à l’Alcova, évoquant le bouillonnement de la lave sous la croûte terrestre et transformant la force primitive de la montagne en une présence acoustique immersive et enveloppante.
Une question de perspective
Situé au pied du Vésuve, Ranieri sublime l’essence de la lave pour en faire l’une des plus hautes expressions de l’art, de l’architecture et de la décoration d’intérieur, avec une esthétique qui rompt avec la tradition et révèle le potentiel inexploité de la composition matérielle inimitable et hétérogène de la pierre.