Un même bloc, découpé à Terzigno, ouvre deux voies. La première laisse la lave apparente et travaille la pierre pour ce qu'elle est, par la découpe et le ciselage à la main ; la seconde la remet au feu et la confie à la couleur, avec le vocabulaire de la céramique. Toutes deux commencent par la matière, la lave du Vésuve telle que Ranieri la raconte.
La différence engage le projet avant le produit : elle change le rapport de la surface à la lumière, la ressemblance entre deux dalles voisines, le comportement du bord. Trois variables qu'un architecte prescrit.
Les deux transformations sont ici côte à côte : ce que chacune fait à la matière, où elles s'emploient, comment choisir.
Pierre de lave naturelle et pierre de lave émaillée : une matière, deux transformations
En amont des deux voies, une même origine : un bloc venu de la carrière familiale au pied du Vésuve, son histoire minérale déjà écrite. Les catalogues Ranieri distinguent quatre matériaux de base — Compact, Texture, Lunar et Pumice — qui acceptent des transformations différentes.
De là, le travail bifurque. Dans la première, la surface reste minérale : découpe, ciselage, finition, et c'est de la pierre que l'on regarde. Dans la seconde, le four fixe sur la face une couche vitrifiée, et la lave continue de travailler dessous.
Dans les deux cas, les blocs sont découpés jusqu'à trois mètres : la décision porte sur la peau, jamais sur la masse.